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Ce qui nous lie

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Les premiers mois de 2020 auront été placés sous le signe des gestes barrières et de la distanciation sociale. Des consignes essentielles visant à nous protéger mais dont la froide terminologie n'a pas été sans conséquence sur nos comportements. Le terme de distanciation physique est aujourd'hui préféré et ce changement dépasse la simple anecdote sémantique. Car si la distanciation physique est de nature spatiale et mathématique, la distanciation sociale a des implications affectives et émotionnelles qui se sont révélées à la fois inadaptées à la réalité et potentiellement anxiogènes. Une angoisse renforcée par la projection brutale dans une situation inédite, avec le présent pour seul horizon et son lot de questionnements sans réponses. Seule certitude, il fallait combattre ce virus coûte que coûte et ainsi, excepté les personnes travaillant dans les secteurs dits essentiels, vivre en circuit quasi fermé. Or l’humain est un animal social qui, sauf à être un ermite, a besoin …

Des virus et des hommes

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Toute crise révèle le meilleur comme le pire de l'humanité. Celle que nous traversons ne fait pas exception. Tandis qu'un formidable élan de solidarité s'active aux quatre coins du monde pour soigner, guérir, réparer, livrer, nettoyer, accompagner, servir ou innover, d'autres choisissent des voies nettement moins honorables, dont la provocation, l'injure ou la manipulation. Au risque de diviser encore plus une société déjà fragilisée par l'incertitude, les peurs et les tensions.
La sournoise propagation de virus d'une autre nature. 
Premier constat inquiétant : la peste brune est de retour. Non qu'elle n'ait jamais vraiment disparu mais elle semble particulièrement virulente et contagieuse depuis quelques semaines. Le 17 est saturé par les appels de "bons Français" qui dénoncent des riverains moins précautionneux. Des infirmier.ère.s et des homosexuel.le.s sont "invités" à aller vivre ailleurs... pour ne pas contaminer leurs vois…

Corona virus : confinés mais solidaires

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"Après le verbe aimer, AIDER est le plus beau verbe du monde."
Bertha von Suttner.
Mise à jour le 14 avril - Une compilation qui ne sera jamais exhaustive

Quel bonheur de voir que des initiatives se développent chaque jour !
Confinée mais solidaire, la société s'organise plus que jamais pour aider les personnes les plus exposées comme les plus vulnérables.
Individuelles ou collectives, associatives, privées ou publiques, les actions se multiplient, permettant d'offrir des moyens financiers, humains et matériels sans précédent.
Continuons le tour d'horizon de cette France engagée qui nous met du baume au coeur.

Fabrication de gel hydroalcoolique, de masques et de respirateurs :
Air Liquide, Groupe PSA, Valeo, Schneider Electric d'autres partenaires s'unissent pour fabriquer 10000 respirateurs en 50 jours.De grandes entreprises parmi lesquelles PSA, Renault, Vallée, Bouygues, Ikea France, Chanel, Hermès, BNP Paribas... donnent leurs stocks de masques aux hôpit…

Solidarité Corona Virus

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Déjà 9 jours de confinement. Peur, incertitude, colère, tristesse, sidération, acceptation... chacun réagit comme il peut.
Le quotidien s'organise. Les liens familiaux se resserrent ou se tendent, c'est selon. Certains travaillent de leur domicile, d'autres sont au front. Les personnels soignants sont en première ligne, se battant sans relâche et parfois au prix de leur propre santé pour honorer le serment d'Hippocrate. Nos remerciements ne seront jamais à la hauteur de leur engagement et nos applaudissements une infime consolation face à tant de désolation. Quand tout cela sera derrière nous, quand la crise sera passée, notre plus grande gratitude sera de ne pas les oublier. Notre plus bel hommage sera d'écouter leur détresse et leurs revendications. La seule récompense qui vaille la peine sera de redonner à notre système de santé la place qu'il mérite. Sinon, leur combat aura été vain. Des héros il y en a d'autres. Ils ne portent pas tous des blouses bla…

Le temps de la réconciliation

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Et si l'heure était à la réconciliation ? Faire une pause dans l'escalade hystérique que les médias se délectent à alimenter. Pas une semaine ne passe sans qu'un sujet polémique n'enflamme la toile et les esprits. Les uns contre les autres. Chacun sa case et son étiquette selon son mode de vie, sa consommation, sa religion, sa sexualité, sa provenance... La liste est inépuisable. Le communautarisme n'a, semble-t-il, jamais autant divisé la société. Rien de nouveau me répondrez-vous. Sauf que poussé à son paroxysme, le communautarisme génère aujourd'hui un dangereux repli sur soi et une aliénation de la réflexion. Sauf que nous n'assistons pas seulement à une saine confrontation des opinions mais à une inquiétante opposition des individus. Sauf que la sphère publique est devenue un prétoire populaire et populiste.
On est forcément "pour" ou "contre" et il n'y a guère de place pour ceux.celles qui se situent ailleurs, refusant tout ma…

Les réseaux sociaux : une arme de destruction massive

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L'actualité nous le rappelle une fois de plus.
Peu importe qui il est, ce qu'il représente, ce qu'il a fait. Le sujet n'est pas là. Demain ce sera le tour d'un autre, d'une autre. Vie privée, vie publique. La frontière est si mince. Existe-t-elle même encore ? Combien d'hommes et de femmes sont-ils ainsi cloués au pilori pour une petite phrase, une image dérobée, ou pour le seul fait de publier une photo ou un avis ? Combien d'adolescents se disent meurtris par la violence numérique ? Il suffit de lire les commentaires sur n'importe qu'elle publication pour comprendre que les réseaux sociaux ont libéré la parole jusqu'à la lie. Célèbres ou anonymes, politiques ou civils, jeunes ou adultes, sommes-nous tous condamnés à passer sous les fourches caudines de la toute puissance des nouveaux médias ? Devons-nous rester tapis dans l'ombre pour ne pas risquer la vindicte populaire ? Exposer sa vie, c'est s'exposer au regard de l'aut…

La complexité des hypersensibles

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" Je suis doué d'une sensibilité absurde.  Ce qui érafle les autres me déchire. "  Cette confession puissante et touchante de Flaubert à George Sand a trotté dans ma tête plusieurs jours durant. Pourquoi absurde ? Parce que cette sensibilité dérange ? Parce qu'elle n'était pas compatible avec la dureté de la société du XIXème siècle pas plus qu'elle ne l'est avec celle d'aujourd'hui ? Cette sensibilité exacerbée est aussi un cadeau, peut-être lourd à porter, mais qui a probablement contribué à nourrir la créativité de Flaubert comme celle de nombreux artistes. Serait-il possible de créer sans voir le monde à travers tous nos sens ? Sans cette capacité hypertrophiée à ressentir ce qui nous entoure ? Le quotidien serait bien fade sans ces amoureux des mots, ces jongleurs de notes, ces magiciens des couleurs, ces bâtisseurs de rêves, ces constructeurs fantasques. La vie serait bien triste si elle n'était constituée que d'individus robotisés,…